Projection de "Shadow world" à Bozar ce dimanche 4 décembre 2016
02-12-2016 -

Dans le cadre des Brussels Cinema Days aux Bozar vous pourrez voir « SHADOW WORLD », le nouveau documentaire de Johan Grimonprez. Ce film met à nu le trafic d’armes international – une activité dont les bénéfices se chiffrent en millions de dollars et les pertes en vies humaines…

Dans le cadre des Brussels Cinema Days aux Bozar vous pourrez voir « SHADOW WORLD », le nouveau documentaire de Johan Grimonprez. Ce film met à nu le trafic d’armes international – une activité dont les bénéfices se chiffrent en millions de dollars et les pertes en vies humaines…

Après chaque guerre, des histoires de corruption, de conflit d’intérêts et de recherche du gain contraire à l’éthique font surface. Un monde de l’ombre qui mêle trafiquants d’armes, corruption, cupidité, pots-de-vin et arrière-chambres. Mais aussi politiciens, services secrets, commandants militaires et dirigeants internationaux dont le sens moral laisse à désirer. Leur seul objectif semble être de faire durer la guerre le plus longtemps possible pour faire un maximum de profits, quel qu’en soit le coût humain et moral. Grâce à des témoignages de journalistes d’investigation, de trafiquants d’armes, de lobbyistes, de responsables politiques et d’initiés, Shadow World montre à quel point le trafic d’armes international constitue une menace pour la démocratie. Non seulement dans les pays où les armes sont utilisées, mais aussi dans ceux d’où elles proviennent, en Occident.

Shadow World Trailer from Louverture Films on Vimeo.

Johan Grimonprez
Le réalisateur Johan Grimonprez (Dial H-I-S-T-O-R-Y, Double Take) mêle sans difficulté des personnages médiatiques, du matériel d’archives et des considérations philosophiques dans un témoignage puissant contre le monde des « antichambres obscures » et en faveur de plus de collaboration, d’ouverture et de dialogue. Comme l’a un jour déclaré l’historien Howard Zinn : « Ce n’est pas parce que la guerre a dominé notre histoire qu’elle doit faire partie de notre avenir. »

Info

Date
04.12.16
19:00 > 21:00

Lieu
BoZar
Studio
Rue Ravenstein 23
1000 BRUXELLES

Autres dates au Cinema Aventure
ven. 2/12 – 14:00
dim. 4/12 -21:30
mar. 6/12 -14:00
 

Recherche militaire : le Parlement européen entérine le déni de démocratie
02-12-2016 -

Au lendemain du vote définitif du budget européen pour 2017, les membres du réseau européen contre le commerce des armes (ENAAT) sont fortement préoccupés par l'adoption quasi-unanime d'une Action préparatoire pour la recherche militaire de 25 millions d'euros pour 2017, et 90 millions sur 3 ans.

 

Au lendemain du vote définitif du budget européen pour 2017, les membres du réseau européen contre le commerce des armes (ENAAT) sont fortement préoccupés par l'adoption quasi-unanime d'une Action préparatoire pour la recherche militaire de 25 millions d'euros pour 2017, et 90 millions sur 3 ans.

 

« Cela représente une nouvelle forme de financement pour l'industrie européenne de l'armement, qui bénéficie déjà largement de l'argent public sous différentes formes », déclare Wendela de Vries, coordinatrice de Stop Wapenhandel (Pays-Bas).

Cette décision représente un changement de paradigme fondamental du projet européen. Jusqu'à maintenant, les financements européens pour la recherche étaient strictement limités à des usages civils, à l'exception du domaine de la sécurité ou des biens à double-usage. Avec ce vote,les États-membres et une majorité des députés européens tentent de faire sauter ce verrou favorisant ainsi une militarisation du projet européen par la petite porte, sous couvert de « défense européenne » et de défense de l'emploi. Les membres de l'ENAAT contestent la supposée contribution de cette Action préparatoire à un renforcement de la « défense européenne » ou à la croissance et l'emploi. Avec un budget annuel cumulé de 217,5 milliards d'euros pour les 28 États-membres en 2015, l'UE est déjà au deuxième rang mondial des dépenses militaires ; prétendre que plus d'argent est nécessaire pour assurer la défense européenne est un non-sens.

 

L'opacité du processus de décision

 

« Cette décision a été prise sous forte influence de l'industrie de l'armement et des États-membres les plus favorables à ce financement. Elle joue donc essentiellement en faveur de cette industrie plutôt que de l'intérêt européen » constate Francesco Vignarca, coordinateur du Réseau italien sur le désarmement (Italie). Un « Groupe de personnalités », composé de 9 représentants de l'industrie sur 16 membres (le reste étant composé d’États-membres et de représentants des institutions européennes), a travaillé pendant 18 mois pour « conseiller » la Commission européenne sur le contenu et les modalités de ce financement. « Ce Groupe de personnalités n'a jamais été enregistré dans le Registre des groupes d'experts de la Commission européenne. Même si des informations ont été publiées sur le site de la Commission, cela n'exonère pas cette dernière de respecter ses propres règles de transparence envers le citoyen européen » estime Ann Feltham, coordinatrice de la Campagne contre le commerce des armes sur les questions parlementaires (Royaume-Uni).

 

Une autoroute pour l'industrie de l'armement

 

« En acceptant sans conditions cette Action préparatoire, le Parlement européen a en quelque sorte voté un chèque en blanc à l'Agence européenne de la défense et à l'industrie de l'armement, et s'est privé de tout levier d'influence sur l'utilisation et les modalités de ce financement, à part un contrôle a posteriori. » affirme Tony Fortin, chargé d'étude à l'Observatoire des armements. Les députés européens n'ont aucune information quant aux modalités pratiques de ce financement : les demandes du Groupe de personnalités à cet égard équivaudraient à un traitement extrêmement favorable pour l'industrie, en termes de pourcentage de financement et de droits de propriété intellectuelle notamment ; le plus favorable en fait jamais octroyé à un bénéficiaire du budget de l'UE.

« La mise en œuvre de cette Action préparatoire devrait être particulièrement surveillée par des députés européens d'horizons divers, et le débat à venir sur un éventuel programme européen de recherche militaire de 3,5 milliards d'euros pour 201-2027 devra être beaucoup plus large, approfondi et transversal, et inclure systématiquement une société civile critique face aux intérêts de l'industrie» conclut Bram Vrancken, de Vredesactie (Belgique – Région flamande).

 

La conférence annuelle de l’Agence de Défense Européenne bloquée par des activistes pacifistes
10-11-2016 -

Ce matin une centaine d’activistes de la campagne “I stop the arms trade" perturbent l’accès de la conférence annuelle de l’Agence européenne de défense (AED) qui se tient dans le bâtiment Charlemagne de la Commission européenne à Bruxelles. Ces activistes s’opposent à la décision prise par l’Union européenne de subsidier la recherche à fins militaires, ce qui revient à donner des milliards d’euros à l’industrie de l’armement.

Ce matin une centaine d’activistes de la campagne “I stop the arms trade" perturbent l’accès de la conférence annuelle de l’Agence européenne de défense (AED)  qui se tient dans le bâtiment Charlemagne de la Commission européenne à Bruxelles. Ces activistes s’opposent à la décision prise par l’Union européenne de subsidier la recherche à fins militaires, ce qui revient à donner des milliards d’euros à l’industrie de l’armement.

L'AED est une agence officielle de l'UE qui a pour mission explicite de renforcer l'industrie européenne de l'armement. Cet événement annuel de l’AED permet à l’industrie de l’armement de rencontrer les politiciens afin de discuter de coopération en matière de défense et du futur le l’industrie de l’armement européenne.

Quand le prix Nobel de la paix 2012 offre de l’argent à l’industrie de l’armement

Le Parlement européen votera le budget 2017 à la fin du mois de novembre. Un de ses points les plus controversés est le financement d’un programme de recherche et de développement militaire. L’objectif à  long terme de la Commission européenne  est de mettre en place un véritable programme européen de recherche pour la défense d'une valeur de 3,5 milliards d'euros sur 2021-2027.

C’est désolant, une industrie qui tire ses profits de la guerre et qui, en plus, fait du lobbying pour obtenir des subsides de l’UE”, dit Stephanie Demblon, porte-parole de l’organisation pacifiste belge Agir pour la Paix. “Une industrie qui a un chiffre d’affaire annuel de 100 milliards d’euros peut payer ses propres projets de recherche et développement (R&D).

L’Union européenne, en tant que projet de paix, ne fait pas honneur à son prix Nobel en modifiant radicalement sa ligne politique qui consistait jusqu’ici à exclure les biens militaires de ses lignes budgétaires.

Pas de financement européen pour l’industrie de l’armement !

Pourquoi vous devriez nous rejoindre le 10 novembre
23-10-2016 -

Le 10 novembre, des marchands d’armes, des lobbyistes de l’industrie de l’armement et des décideurs politiques se rencontreront à la Conférence annuelle de l’Agence européenne de défense. Il s'agit d'un de ces événements représentatifs qui entraîne la création d’une Europe militarisée et qui soutient l’industrie de l’armement. Agir pour la Paix n’est peut-être pas invitée, mais nous avons bien l’intention d’assister à l'événement malgré tout. Et nous espérons que vous aussi !

 

Le 10 novembre, des marchands d’armes, des lobbyistes de l’industrie de l’armement et des décideurs politiques se rencontreront à la Conférence annuelle de l’Agence européenne de défense. Il s'agit d'un de ces événements représentatifs qui entraîne la création d’une Europe militarisée et qui soutient l’industrie de l’armement. Agir pour la Paix n’est peut-être pas invitée, mais nous avons bien l’intention d’assister à l'événement malgré tout. Et nous espérons que vous aussi !

 

A l’heure où les Etats membres sont obligés de faire des coupes sombres dans leur budget de sécurité sociale, des milliards d’euros pourraient bien finir dans les mains de l’industrie de l’armement. Comment cela est-il possible ? Le 10 novembre, vous le verrez de vos propres yeux. Ce jour-là, les marchands d’armes, les lobbyistes, l’industrie de l’armement et des décideurs politiques se rencontreront à la Conférence annuelle de l’AED.

 

"AED" ?

 

L’AED est née suite à l’intense lobbying de l’industrie de l’armement. C’est une agence européenne officielle qui a pour but de soutenir l’industrie de l’armement.

 

Des évènements de lobbying comme celui du 10 novembre ne sont pas exceptionnels. L’AED a organisé des dizaines d’événements similaires ces cinq dernières années. Ces évènements se déroulent presque toujours derrière des portes closes, en excluant donc toute voix critique. Et cela fonctionne. Ensemble, avec une myriade de réseaux, de groupes de travail et de groupe d’experts, ils répètent encore et toujours le même message : puisque nous vivons une époque dangereuse, il est impératif qu’il y ait plus d’investissements dans le secteur de la défense et donc, logiquement, nous avons besoin d’une industrie de l’armement forte et compétitive.

 

La plus grande réussite de ce lobbying intensif de l’industrie de l’armement se trouve dans le probable futur financement direct du secteur de l’armement par l’Union européenne. En effet, fin octobre, le Parlement européen votera la question du financement des programmes de recherche et de développement de nouvelles armes. Quelles technologies de l’armement obtiendront des subsides? La réponse est encore inconnue. Et qui en aura la propriété, n’est pas beaucoup plus clair. Le programme de subvention devrait se voir attribuer un budget de 3,5 milliards d’euros, ce qui constituerait un dangereux précédent. Jamais auparavant, de l’argent de l’UE (donc public) n’avait été remis à l’industrie de l’armement. Et c’est encore plus interpellant lorsque l’on se souvient à quel point l’UE est elle-même sous-financée. Le budget pour la recherche en matière civile a, lui, été réduit et la dette de l’UE augmente sans cesse.

L’AED a joué un rôle important en mettant la recherche militaire à l’agenda politique, elle en jouera également un marquant dans les futurs projets de recherche militaire: en effet l’AED devrait, en collaboration les Etats membres de l’UE, décider quels projets de recherche seront sélectionnés. Elle devrait également décider quels experts évalueront les résultats de la recherche militaire.

Comment ont-ils fait volte-face ?

Jusqu’il y a quelques années, la question des subsides destinés à l’industrie de l’armement était taboue. Les Etats membres étaient plutôt suspicieux envers une plus grande intégration de la défense dans l’UE. Le Parlement européen affirmait catégoriquement qu’il n’y aurait pas de subventions pour l’industrie de l’armement. Quel rôle l’AED a-t-elle joué dans ce renversement de situation ?

Première étape. Devenir porte-parole de l’industrie de l’armement

L’AED est née des demandes des lobbies de l’armement et a été fondée sur base de leurs propositions. Javier Solana, alors Haut Représentant de l'UE pour la politique étrangère et de sécurité commune, déclarait en 2007 que l’objectif le plus important de l’AED était de s’assurer que l’UE “dépense plus, dépense mieux et dépense ensemble pour la recherche militaire”. Le magazine de l’AED ‘European Defence Matters’ n’est rien de plus qu’un outil pro-industrie de l’armement. Il fournit un moyen de communication marketing pour la communauté de défense de l’Europe, ‘European Defence Matters’ ayant une portée inégalée. De plus, l’AED assure que le message arrive directement sur le bureau des personnes qui comptent, qu’ils soient officiers militaires, politiciens ou managers professionnels dans les institutions gouvernementales et de l’industrie.

Deuxième étape. Diffuser des recherches “indépendantes”

L’AED diffuse une recherche soi-disant “indépendante”. Dans une étude récente sur l’industrie navale commandée par l’AED mais menée par l’industrie de l’armement, les chercheurs se réjouissent des capacités d’exportation de l’industrie navale de l’UE. L’étude pointe aussi quelques “difficultés”, les gouvernements européens n’investissant pas assez dans la recherche militaire. L’étude recommande d’utiliser l’argent de l’UE pour la recherche militaire, ce qui est sans nul doute une conclusion logique pour une recherche effectuée par l’industrie de l’armement.

Troisième étape. Réunir les politiciens et les lobbyistes.

Beaucoup de progrès ont été faits (sur la recherche en armement) et c’est dû en partie à un dialogue constant avec l’industrie”, a déclaré Jorge Domecq, directeur de l’AED, pendant un événement de lobbying de la société Suédoise d’armement SAAB à Bruxelles. Lors de son discours, Domecq a en outre essayé de convaincre les membres du Parlement européen de l’importance du financement de l’industrie de l’armement. Sans aucun doute, cela va se reproduire à la conférence annuelle de l’AED. L’AED a déjà promis que la conférence serait “une plate-forme unique pour que les principaux décideurs puissent examiner comment faire en sorte que le secteur de la Défense soit adapté au XXIème siècle”. Federica Mogherini, Haute Représentante de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, sera l'une des invités les plus importants, mais des ministres de la Défense seront aussi présents.

Sur invitation uniquement”, est-il indiqué clairement et en lettres rouges sur le site internet de l’AED pour la conférence du 10 novembre...

Néanmoins, nous vous invitons chaleureusement à venir, vous aussi, à la conférence annuelle de l’AED! Rejoignez-nous le 10 novembre à Bruxelles pour perturber de façon nonviolente la conférence annuelle de l’Agence européenne de défense .

Vous trouverez plus d’informations et comment vous préparer pour des actions nonviolentes, ainsi qu’un formulaire d’inscription sur  http://istopthearmstrade.eu/fr/journeedactions

 

 

10.11 | Journée d’action « Pas de marchands d’armes » à BXL
19-10-2016 -

Ce jeudi 10 novembre, des marchands d’armes et des politiciens se réunissent à Bruxelles à huis clos. A l’ordre du jour : la politique de sécurité de l’Europe. Ne laisse pas notre sécurité aux mains de l’industrie de la défense. Cela mènera seulement à plus d’exportations d’armes, plus de violences et plus de guerres.

Rejoins-nous pour dire STOP! Participe à des actions nonviolentes et participe à faire savoir aux marchands d'armes qu'ils ne sont pas les bienvenus à Bruxelles.

Ce jeudi 10 novembre, des marchands d’armes et des politiciens se réunissent à Bruxelles à huis clos. A l’ordre du jour : la politique de sécurité de l’Europe. Ne laisse pas notre sécurité aux mains de l’industrie de la défense. Cela mènera seulement à plus d’exportations d’armes, plus de violences et plus de guerres.

Rejoins-nous pour dire STOP! Participe à des actions nonviolentes et participe à faire savoir aux marchands d'armes qu'ils ne sont pas les bienvenus à Bruxelles.

Enregistre-toi ci-dessous et nous te ferons parvenir plus d'infos.

En savoir plus? Rejoins une des scéances d'information ou une formation 'I stop the arms trade' près de chez toi. Regarde sur facebook pour des dates et plus d'informations.

Le Lobby tour de l'armement en lien avec les politiques migratoires européennes: version sonore
18-10-2016 -

Attention! Dernière opportunité de le suivre "en vrai" jusqu'au printemps 2017, ce samedi 18 octobre à 13h: info ici.

Le Lobby tour de l'armement en lien avec les politiques migratoires européennes peut dorénavant être écouté sur le site de Micro Ouvert.

Attention! Dernière opportunité de le suivre "en vrai" jusqu'au printemps 2017, ce samedi 18 octobre à 13h: info ici.

Le Lobby tour de l'armement en lien avec les politiques migratoires européennes peut dorénavant être écouté sur le site de Micro Ouvert.

Quand le business des armes met l’Union européenne sous influence... Nous ferons connaissance avec les grandes sociétés d’armement européen dont les bureaux sont installés à Bruxelles, au cœur même du quartier européen, et nous verrons quelles relations privilégiées elles entretiennent avec l’Union européenne … Nous nous intéresserons de près au lobbying de ces sociétés pas comme les autres envers ces institutions ainsi qu’à leur influence sur les politiques migratoires européennes. 
Quand le dangereux voyage des migrants vers Idomeni et Lampedusa se décide à Bruxelles…

Première partie

Deuxième partie

Troisième partie

Vente d'armes à l'Arabie Saoudite: la Wallonie poursuivie pour complicité de crimes de guerre?
18-10-2016 -

"L'Arabie saoudite est le plus important acheteur d'armes de la Région wallonne"... Et si un jour la Belgique était poursuivie devant la Cour internationale de justice pour participation à des crimes de guerre ? 

"L'Arabie saoudite est le plus important acheteur d'armes de la Région wallonne"... Et si un jour la Belgique était poursuivie devant la Cour internationale de justice pour participation à des crimes de guerre ? 

Un article de Wahoub Fayoumi à lire ici

Pétition pour empécher l'Union européenne d'investir dans les armes de guerre
18-10-2016 -

Nous voulons tous vivre en paix , et c’est pour cela que l’Union européenne a été créée.

Mais la Commission européenne, mise sous pression par l’industrie de l’armement, prévoit actuellement de consacrer des milliers de millions d’euros de fonds publics au développement de technologies militaires avancées, et ce pour la première fois depuis que l’Union existe.

Nous voulons tous vivre en paix , et c’est pour cela que l’Union européenne a été créée.

Mais la Commission européenne, mise sous pression par l’industrie de l’armement, prévoit actuellement de consacrer des milliers de millions d’euros de fonds publics au développement de technologies militaires avancées, et ce pour la première fois depuis que l’Union existe.

Même si on présente cette ligne de compte comme du budget de « défense », la vérité est que ces subventions visent à préserver la compétitivité de l’industrie de l’armement et sa capacité à exporter à l’étranger, en particulier dans les pays qui contribuent à l’instabilité et qui participent aux conflits, comme l’Arabie saoudite.

Signez la pétition sur WeMove.eu

 

L’industrie de l’armement demande 3,5 milliards de subsides pour le financement de la technologie militaire
18-03-2016 -

Début mars, la Commission Européenne a publié un rapport sur un futur programme européen de recherche sur la défense, rédigé par un conseil consultatif. Ce rapport est un appel éhonté pour une Europe militaire, fait sur mesure pour l’industrie de l’armement.

Lien vers le rapport complet ici.

Depuis de nombreuses années, le lobby des armes est un partisan acharné des subsides européennes pour la recherche dans l’armement. Jusqu’à présent le Parlement Européen y a toujours fait obstacle, ce qui empêche les programmes de recherche européens d’être explicitement destiné à la technologie de l’armement.

Le travail de lobbying de l’industrie de l’armement à clairement du succès. Il est de plus en plus probable que le successeur du programme de recherche actuel, Horizon 2020, aura également un volet consacré à la défense. Le coût ? Quelques 3,5 milliards d’euros. Le rapport “European Defence Research: The case for an EU funded defence R&T programme”, qui a été récemment publié, nous montre à quoi un tel programme de recherche devrait ressembler.

Conflits d’intérêts institutionnalisés

Les ‘experts’ du ‘Group of Personalities’ ayant rédigé ces rapports ne sont pas des inconnus. Ce groupe est en grande partie formé par les dirigeants de l’industrie de l’armement. Pas moins de 9 des 16 membres de ce groupe sont des employés d’entreprises privées, en majorité des entreprises ayant également un division d’armement (Inra, MBDA, Saab, Airbus Group, BAE Systems, Finmeccanica, TNO, Fraunhofer-Gesellschaft, ASD).

En d’autres termes, c’est l’industrie de l’armement qui tient les ficelles, et non les décideurs politiques. Malheureusement, ceci n’est pas une exception mais un phénomène qui fait partie de la politique européenne. Pas moins de 52% des délégués siégeant au sein des groupes consultatifs européens, sont des représentants de grandes entreprises.

Frais de recherche privée : 125% subsidiés

Les avis énoncés dans le rapport sont très favorables à l’industrie de l’armement. En voici quelques exemples :

  • Frais de recherche subsidiés à 125%: 100% pour les frais de recherche et 25% pour d’éventuels frais supplémentaires. (p.71)

  • Un total de 3,5 milliards d’euros pour la recherche de la défense. Au cours de la période 2021-2027, cela représente un budget d'un demi-milliard d'euros par an (p. 27)

  • La confidentialité des résultats de ces projets (p. 72)

  • Un rôle majeur pour l'industrie de la défense dans le futur développement de la programme de recherche (p. 27 en pp. 66-67)

Le rapport excelle dans la promotion des intérêts de l’industrie de la défense et cela sans vergogne. Il fait même déjà des propositions sur la nouvelle gestion du programme de recherche : “the Programme Committee should take into account the views of other major stakeholders, namely the defence industry, […]” ou “the structural dialogue on road-mapping between the industry (the final supplier) and the member states (the trusted customer) should carry substantial weight and be appropriately reflected in the governance model”.

Un choquant manque de vision

Le rapport nous montre un manque de vision hallucinant. Tout problème de sécurité est décrit comme un problème de manque d’armes. Les guerres sanglantes en Syrie, au Yemen, en Irak, etc. , n’ y sont pas décrites comme des problèmes humanitaires et politiques, mais comme une menace pour l’Europe, qui ne peut être compensée que par des investissements dans l'industrie de l'armement. Le rapport réduit ainsi tous les problèmes politiques à un problème militaire.

Dès l’introduction, il est indiqué que “engagement with neighbours (and beyond) is necessary to protect European citizens and defend European interests, and this has to be supported by adequate means”. Et puis “Europe's traditional reluctance to act militarily […] only increases the need to develop defence capabilities supported by advanced technologies”.

Que les armes européennes aggravent les conflits et qu’elles sont utilisées dans la guerre au Yemen, que les états européens sont partiellement à l’origine de la situation actuelle en Libye et d’autres faits similaires ne sont pas mentionnés dans le rapport. Au contraire, toute auto-critique est absente; les exportations d’armes sont tout simplement considérées comme un signe de la santé et du dynamisme de l’industrie de défense européenne: “export growth significantly contributes to sustaining the critical mass of European defence companies and highlights the competitiveness, capability, performance and reliability of Europan exports products”.

 

L’Europe est en guerre contre un ennemi qu’elle s’invente
08-09-2015 -

“L’Europe est en guerre contre un ennemi qu’elle s’invente”; c’est le slogan de la campagne Frontexit pour le respect des droits humains des migrants aux frontières de l’Union européenne1.
Souvent traité sous un angle humanitaire (manquements aux droits essentiels des migrants) ou politique (la question de la gestion des flux migratoires, de la répartitions des personnes,...) le sujet l’est plus rarement en lien avec le commerce européen des armes .

“L’Europe est en guerre contre un ennemi qu’elle s’invente”; c’est le slogan de la campagne Frontexit pour le respect des droits humains des migrants aux frontières de l’Union européenne1.

Souvent traité sous un angle humanitaire (manquements aux droits essentiels des migrants) ou politique (la question de la gestion des flux migratoires, de la répartitions des personnes,...) le sujet l’est plus rarement en lien avec le commerce européen des armes . Et pourtant…

Bruxelles, capitale de l’Europe et seconde ville au monde en terme de nombre de lobbyistes présents, juste après Washington. Ils représentent les intérêts de différents secteurs tels que les cigarettiers, la finance… et l’armement. Leur mission : tout faire pour influencer les politiques de l’Union européenne, présentes ou futures. Et des efforts, des entreprises telles que Thalès, BAE Systems et Finmeccanica, considérées comme des fleurons de l’industrie de l’armement européen, elles en font. Une petite présentation s’impose :

 

  • Thalès tout d’abord, entreprise issue de la privatisation partielle de l’industrie de l’armement en France, et très active dans le domaine du lobbying à Bruxelles. Son chiffre d’affaires est de 14,2 milliards d’euros pour 2013. En 2012, Thalès, en collaboration avec Aerovision (société espagnole), a présenté son tout nouveau système de surveillance des frontières côtières et maritimes; un drone appellé FULMAR qui a été spécifiquement présenté et testé lors d’une démonstration de trois jours pour FRONTEX (Agence européenne pour la gestion de la coopération aux frontières extérieures). Le communiqué de presse de Thalès en disait ceci : “La surveillance et le contrôle des frontières sont essentiels pour garantir la sécurité intérieure d’une nation. Avec l’accroissement des risques et des menaces (immigration clandestine, trafic de drogues, menaces terroristes, etc.), les gouvernements réclament un plus haut niveau de sécurité pour leurs frontières.2”.

  • BAE Systems est le plus important fabricant d’armes au Royaume-Uni et en Europe, le second dans le monde. 95% de son chiffre d’affaires (30 milliards d’euros) provient de la vente d’armes. En 2010 BAE Systems reçoit un contrat de 2,3 millions d’euros pour le développement d’un “système de gestion stratégique de l’information sur la criminalité et l’immigration (SCIIMS)3”.

  • Finmeccanica, seconde plus grande entreprise d’Italie, 14,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Elle participe par le biais de sa filiale Selex au projet OPERAMAR, en collaboration avec Thales. Projet qui a pour but de développer des interactions entre l’Union européenne et des actifs de surveillance maritime nationale. OPERAMAR, ainsi que plusieurs autres projets sont à la base de l’EUROSUR (Système européen de surveillance des frontières). L’EUROSUR est présenté par la Commission européenne par ces mots : EUROSUR “a pour objet principal d'empêcher le franchissement non autorisé des frontières, de réduire le nombre d’immigrants illégaux qui perdent la vie en mer et de renforcer la sécurité intérieure de l'Union européenne en contribuant à la prévention de la criminalité transfrontalière4. En 2009 Finmeccanica signait un contrat avec la Libye de Khadafi pour l’installation d’un système de surveillance qui devait empécher les migrants d’arriver en Italie en passant par la Libye.

Ces trois là auquel on ajoute Airbus Group (anciennement EADS) forment ce que l’on appelle “les 4 grands”, les 4 grandes entreprises qui comptent dans le domaine de l’armement en Europe. Et parfois ils s’adressent publiquement aux décideurs; en 2003 les CEO de Thalès, BAE Systems et EADS écrivent une lettre ouverte (avec parution dans plusieurs grands journaux nationaux européens) pour appeler à la création de l’Agence de Défense Européenne. Celle-ci sera crée en juillet 2004, grâce donc à l’intense lobby des industries de l’armement...et au travail acharné des experts consultés dans son élaboration. Experts travaillant notamment pour BAE Systems et EADS et dont les travaux dans ce cadre n’ont jamais été rendus publics.

L’Agence de Défense Européenne a dans ses tâches d’ “établir une approche globale et systématique pour définir les besoins de la politique européenne de sécurité et de défense et pour répondre à ces besoins5”. Autrement dit cette agence doit définir les besoins de la politique européenne de défense tout en étant sous haute influence des lobbyistes de ce même secteur ! Aujourd’hui, l’A.D.E. est intégrée dans le Service Européen d’Action Extérieure (le ministère des affaires étrangères européen), où les décisions principales sont prises par le Conseil de l’U.E., c’est à dire par les dirigeants des Etats membres de l’U.E., et donc par les gouvernements nationaux...eux-mêmes très impliqués dans les industries de l’armement.

 

Les projets présentés ci-dessus ont bénéficié d’une aide financière provenant d’un fond de l’U.E. (FP7) qui a pour but d’aider les entreprises à financer leurs recherches en haute technologie. En 2010 la part des fonds du FP7 alloués à l’adoption de techniques de surveillance militaire aux frontières de l’Europe était estimée à 50 millions d’euros. Comme cet argent public ne peut toutefois pas être utilisé pour financer des projets à finalité militaire, les entreprises conçoivent des programmes à finalité duale : civile et militaire, ce qui est permis. En 2014, l’Agence Spatiale Européenne lance le satellite Sentinel (le premier d’une série dont les lancements s’étendront sur 20 ans) pour une mission d’observation de la terre. Les images sont mises à disposition gratuitement pour les citoyens, scientifiques, entreprises,... Il s’agit de “mieux protéger la planète et améliorer la qualité de vie de nos concitoyens” mais aussi “l’imagerie de Sentinel sera essentielle pour soutenir la sécurité maritime de l’Europe” (contrôle de la pêche, du trafic de drogue, des frontières…). La lutte contre l’immigration illégale, par bateau, par exemple, n’est cependant pas le “core business” de Sentinel, mais les images peuvent servir en appui des systèmes nationaux surveillant les frontières6”.

Pour pouvoir allouer des fonds à des projets qui répondent aux besoins de l’U.E. il est essentiel pour la Commission européenne de pouvoir identifier correctement les manques. Atteinte d’un déficit chronique d’experts internes, la Commission consulte régulièrement des experts extérieurs. Le groupe consultatif pour la sécurité (Security Advisory Group) est composée de 32 personnes dont une sur trois provient directement de l’industrie de l’armement Airbus Group, Finmeccanica, Thalès,...). Ce groupe doit indiquer les carences en matière de technologie de la sécurité de l’U.E…. ensuite, ces experts reprennent leur rôle au sein de leur entreprise d’armement et planchent sur un projet qui, après avoir été financé par Horizon 2020, aboutira à un produit fini (drone, satellite, véhicule léger blindé,...) qui sera commercialisé et dont les bénéfices profiteront directement à l’entreprise en question. Ici comme dans le cas de l’Agence de Défense Européenne, on retrouve un conflit d’intéret flagrant.

Le groupe consultatif pour la sécurité s’est réunis une bonne vingtaine de fois à Bruxelles et le résultat en est une sécurisation accrue des frontières de l’U.E.

“L’Europe est en guerre contre un ennemi qu’elle s’invente” donc. Un ennemi, le migrant, systématiquement décrit comme “illégal” et présenté dans un package de problèmes à résoudre au même titre que la criminalité, le terrorime ou la drogue par les entreprises de l’armement elles-mêmes. Pour résoudre “ce problème migratoire et sécuritaire” les spécialistes, experts extérieurs à l’U.E. qui sont directement issus de l’industrie de la Defense, sont appelés à la rescousse. Ils transforment ce “problème” en un manque à combler rapidement par l’U.E. et fabriquent ensuite les produits adéquats qui, après avoir été financés par de l’argent public européen, iront remplir les poches des sociétés comme Thalès, Finmeccanica et BAE Systems.

Le commerce de l’armement n’est pas et ne sera jamais un commerce comme les autres en ce qu’il produit à la fois une politique qui permet de justifier que l’on risque la vie des migrants, une économie qui justifie cette politique et les armes qui la réalise.

1 http://www.frontexit.org/fr/a-propos/la-campagne

2 https://www.thalesgroup.com/sites/default/files/asset/document/CP_Thales...

3 http://cordis.europa.eu/result/rcn/91346_fr.html

4 http://europa.eu/rapid/press-release_MEMO-08-86_fr.htm

5 http://europa.eu/about-eu/agencies/regulatory_agencies_bodies/security_a...

6 http://www.lalibre.be/actu/planete/a-travers-les-yeux-de-sentinel-le-gar...

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